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Le français a beaucoup de mots raccourcis avec une finale en "-o" avec un sens souvent péjoratif. Pour certains ça peut s'expliquer par une bête troncature: démago, écolo, dermato, gynéco, mais pour d'autres c'est moins évident: frigo, mécano, populo, réglo, franco, proprio, racho, voire parigot, même si ça prend un "t".

Il y a un explication linguistique à cette finale ou c'est juste une grosse collection de hasards?

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  • Ben! ça sort de ce que c'est rigolo. OEuf corse. Commented Sep 14, 2025 at 6:38

1 Answer 1

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TLFi
-O, élément formant
I. − [Finale qui s'ajoute à des mots entiers ou, plus souvent, à des bases tronquées (notamment en se substituant à un autre suffixe) et donne aux adjectifs, substantifs et adverbes qu'il sert à construire, une connotation familière, populaire ou argotique]
[...]
Morphologie (de I) A. −La troncation se fait de différentes manières. 1. Dans les termes d'origine savante, souvent empruntés au grec ou formés d'éléments d'origine grecque, l'apocope se fait habituellement après le 1er élément 2. Dans les autres mots, la coupure se fait après la 2e ou la 3e syllabe. 3. Parfois la coupure se fait au milieu d'une syllabe comme dans info (de information) et aussi perfo (de performance). Dans l'océan des informations, toujours la même vague de fond: la performance. Pour augmenter la performance de ce mot, on le réduit à «perfo» et même à «perf» (Le Monde, 11 oct. 1980, p.2, col. 4). Remarque: C'est à partir du milieu du XIXe siècle que ce type de troncation en -o s'est particulièrement développé : aristo (1852), kilo (1858), typo (1865). Il connaît de nos jours une très grande vogue en français populaire et en argot. B. −Élargissement de la finale: -co. Alsaco, adjectif et substantif masculin. Alsacien. Y avait un gros lard d'Alsaco, près de sa charrette, qui nous biglait malveillant (B. Blier, Les Valseuses, Paris, J'ai lu, 1978 [1972]


La multiplication des abreviations en -o au XIXe siecle (aristo, mélo, chromo, expo, photo), et l’existence d’un suffixe déformateur en -o avec élargissement en -go, -to, -lo, etc., dans l’argot et la langue vulgaire (camaro, prusco, mendigot, Parigot, salopiaud, boulot, cuisto, etc.) ajoute au système des suffixes modernes un suffixe d’abréviation en -o, qui sert soit pour la troncation de mots dérives comportant en leur milieu une syllabe terminée par -o ( promo sur promotion, collabo sur collaborateur, labo sur laboratoire), soit pour se substituer, a la finale d’une abréviation, a une autre syllabe : apéro (sur aperitif), métallo (sur metallurgiste), proprio (sur propriétaire ), mécano (sur mécanicien), etc. Ces dernières abréviations sont populaires.

Henri Mitterand, Les Mots français, 1972

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  • OK, donc je n'ai pas rêvé. Par contre, aucune hypothèse sur le pourquoi? Pourquoi pas -u ou -i? Commented Sep 10, 2025 at 20:45
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    Il est souvent impossible de trouver un pourquoi quand on parle de l'évolution des langues. On ne peut généralement qu'observer. Le TLFi suggère un effet de mode lancé au XIXe siècle par les mots kilo, aristo et typo(graphe). Le Que sais-je de 72 y ajoute mélo, chromo(lithographie), expo, photo. La plupart ont survécu jusqu'à aujourd'hui. Commented Sep 10, 2025 at 21:59

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