Le Dictionnaire historique de la langue française (ed. 1998) et le Dictionnaire Culturel en langue française (ed.2005) ne donnent que le masculin pour « holding ». Mais la majorité des autres dictionnaires mentionnent les deux genres, en donnant parfois une préférence à l'un ou à l'autre, comme le Dictionnaire de l'Académie française qui dit « nom féminin, parfois masculin » ou le TLF (subst. masc. [...] cependant...).
Le TLF. justifie cette versatilité dans la remarque :
Conformément à la tendance gén. pour les empr. désignant un inanimé, le mot est au masc. Cependant, sous l'infl. de la lexie société holding¹, on trouve parfois le fém.
Cet usage est parfaitement résumé dans un article du Monde du 1/09/1992 :
Tout comme après-midi, l'anglicisme holding est employé licitement _ avec l'aval des lexicographes des dictionnaires les plus usuels et les plus récemment parus, tel le Dictionnaire essentiel Hachette 1993 _ au masculin ou bien au féminin. (Mais dans un livre, dans une revue, dans un journal, on s'en tiendra à un seul genre, par souci _ louable _ d'" unification "...).
Cet article du Monde explique aussi pourquoi ce mot anglais s'est aussi facilement imposé en français : « aucun substitut n'a été officiellement proposé à ce jour, semble-t-il, hormis, dans quelques dictionnaires, un... trust tout aussi anglo-saxon ! » pour conclure que « Il paraît difficile d'avancer un équivalent français qui ne serait formé que d'un terme ou de deux termes... ».
J'ai l'impression de rencontrer le mot essentiellement au féminin. Les quelques sites français que je viens de consulter l'emploient au féminin :
L'actualité française met le mot en avant ces jours-ci avec les débats qui se tiennent à l'Assemblée sur loi de finances pour 2026 et voici quelques phrases² entendues dans l'hémicycle lors de la première séance du 31 octobre 2025 :
- « demandons-nous ce qu’est une holding et à quoi elle sert. »
- « La holding est un outil très utile pour le monde de l’économie. »
- « ... une holding : c’est une société mère qui vient en soutien de ses filiales »
- « des emplois industriels que j’ai créés, grâce à ma holding »
- « ce qui relève du patrimoine personnel qui, s’il est placé dans une holding, doit être soumis à la fiscalité. »
Et à la une du quotidien économique La Tribune on peut lire aujourd'hui :
Le Parlement a détricoté vendredi la taxe de 2 % sur les holdings patrimoniales¹,...
J'ai fait une recherche sur l'emploi au Québec et je n'ai rencontré que des emplois au masculin :
Usito ne mentionne que le masculin. Et ajoute en remarque que « Cet emploi, parfois critiqué, n’a pas d’équivalent standard usuel. »
Un site juridique québécois : « Le holding ou la société de portefeuille »
Site de notaires québécois : « Aussi appelé société de portefeuille, un holding est une entité juridique créée afin de mettre à l’abri les actifs... »
Banque nationale du Canada : « ...il est important d’évaluer si la création d’une société de gestion, ou holding,...»
De là à conclure que les Québécois seraient plus respectueux des tendances de base qui veulent que les mots empruntés désignant un inanimé soient au masculin il n'y aurait qu'un pas.
¹ C'est moi qui souligne.
² Prononcées par des personnes différentes et choisies parmi les quelques 180 occurrences.