Je suis éberluée par la phrase en gras ci-dessous, extraite du Dictionnaire historique de la langue française (édition du juillet 2010), par Alain Rey.
Pourquoi cette phrase revient-elle sur elle-même ? Pourquoi commence-t-elle par "d'ailleurs (1174) « d'un autre endroit" »", avant de se terminer par "et puis d'ailleurs (1688)" ? Que signifie cette circularité ? Vu que d'ailleurs existait en 1174, pourquoi dater d'ailleurs à 1688 ? Le dictionnaire ne témoigne aucun changement sémantique pour d'ailleurs entre 1174 et 1688, alors pourquoi écrire d'ailleurs deux fois ?
AILLEURS adv., « dans un autre lieu », semble venir (XIe s.) d'une forme sans s, ailleur, issue du latin alior, dérivé de alius « autre » qui a donné alienus (→ aliéné) et alter (→ autre), dans une locution hypothétique in aliore loco, car l'adverbe latin attesté aliorsum n'aurait pas donné la voyelle -eu.
❏ Ce mot apparaît sous la forme ailurs (1050), devenue aillor(s) (XIIe s.), allors (v. 1200) ; ile s'emploie au figuré pour « autrement » depuis le début du XIIIe siècle. Il sert à former des expressions très courantes en français moderne : d'ailleurs (1174) « d'un autre endroit », puis (mil. XVIIe s.) « d'autre part » ; par ailleurs « par une autre voie » (1160), puis au figuré « d'une autre manière » (Cf. autrement) ; et puis d'ailleurs (1688). [C'est moi qui souligne.] ◆ Après avoir évoqué l'exotisme (substantivé : les ailleurs), le mot, avec la conquête de l'espace et la science-fiction, concerne parfois les extra-terrestres que l'on dit venus d'ailleurs.