À ma première lecture des passages suivants, mon instinct me dictait d'utiliser des pronoms toniques — en d'autres termes, « CONCERNANT toi/moi/eux » (je suppose que « les » désigne les martyrologes). J'ai mis le texte en relief.
Pourquoi cet instinct ?
Premièrement, parce que CONCERNANT est un synonyme de SUR, et SUR est suivi par des pronoms toniques.
Deuxièmement, en anglais, "concerning" est lui-aussi suivi par des pronoms toniques — à savoir, "concerning yourself/myself/themselves". Au fait, voyez "concerning myself" dans la traduction anglaise de l'ouvrage de Debra Kelly, tout en bas. Il n'est pas possible de dire « yourself concerning, myself concerning, themselves concerning » ! De surcroit, le verbe anglais "concern" provient du verbe français « concerner ».
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« Chansons sur toi et nous » signifie « Chansons CONCERNANT toi et nous ».
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« Rapport sur moi » dénote « rapport CONCERNANT moi ».
Mais les pronoms objets directs, pourquoi doivent-ils devancer CONCERNANT ? Pourquoi CONCERNANT ne peut-il jamais être suivi par pronoms toniques ?
I'm trying to figure out this line from the play "Art" by Yasmina Reza:
Yvan: Tu nies que je puisse apprécier en mon nom ce tableau!
Marc: évidemment.
Yvan: Et pourquoi?
Marc: Parce que je te connais. Parce que outre tes égarements d'indulgence, tu es un garçon sain.
Yvan: On ne peut pas en dire autant te concernant.Philippe Beitia, Les traditions concernant les personnages de la Bible dans les martyrologes latins (L’Harmattan 2011), page 7
Les prophètes, les apôtres et les disciples du Christ ont marqué la pensée et la spiritualité chrétienne. Il en a été de même des anges cités par l'Écriture. Ils ont aussi inspiré les artistes. Les livres de la Bible nous présentent leur message et leur action. La tradition ecclésiastique nous donne d'autres éléments concernant leur vie, leur mission et éventuellement leur martyre.
Ces traditions sont recueillies et portées par les livres liturgiques de l'Eglise catholique notamment par les martyrologes.
Nous nous proposons de présenter l'évolution des notices les concernant pour voir quels traits de leur personnalité, de leur histoire ou de leur message on a été sensible au long des siècles ainsi que les changements d'accent qui se sont manifestés lors des dernières éditions du Martyrologe Romain de 2001-2004 et le message qui est ainsi transmis.Debra Kelly, Autobiography and Independence: Selfhood and Creativity in North African Postcolonial Writing in French (Liverpool University Press 2005), page 125.
He therefore returns to keeping the diary that he has neglected since the end of the previous August even though he wonders what value it can have. Camus has been killed in a car accident; a sense of foreboding invades the text:
Il a donc fallu que je reprenne aujourd'hui ce cahier abandonné depuis des mois. Non pas qu'il n'y ait rien eu à y noter me concernant ou concernant tout le monde, mais l'hiatus sera toujours facile à combler lorsque le détail n'a rien de particulier. J'eusse aimé parler longuement de nos souffrances, de mes soucis, du malheur qui frappe journellement mes amis, l'un ou l'autre. Parler par exemple de Camus mort accidentellement au début du mois; des Roblès que j'ai revus en décembre a Paris, de Ak. hospitalisé pour déficience nerveuse... Tout cela est triste, vraiment trop triste et je me suis dit: à quoi bon? J'en tiendrai, je pense, a la relation objective des faits. Tels que je les vois se dérouler sous mes yeux. Cela me permettra plus tard de recréer l'atmosphére. Si la vie est longue bien sûr. (25 January 1960, p. 300)
(So today I've had to resume this exercise-book which I left aside some months ago. Not that there's been nothing to note concerning myself or concerning everyone, but the gap will always be easy to fill in, while there's nothing special about the details. I would have liked to speak at length about our sufferings and my cares, the misfortune which strikes one or other of my friends every day. To speak, for example, of Camus, killed in an accident at the beginning of the month; of the Roblès family whom I saw in Paris in December; of Ak. who's in hospital with a nervous breakdown... All that is sad, quite honestly too sad, and I wondered: what's the good of it? I shall restrict it, I think, to an objective narration of the facts. Just as I see them unfolding before my eyes. That will enable me to recreate the atmosphere later. If my life lasts, of course.)